Je vous entends déjà me dire que la planète LV-426 est un horrible trou à rat perdu au fin fond de la galaxie, peuplé de créatures rustres et sans cervelle. Hé bien désolé, je ne partage pas votre avis, je m'y suis rendu avec ma femme et mes trois mômes et nous y avons passé de merveilleuses vacances dont nous sommes revenu la tête pleine de souvenirs. Et si vous pensez que je massacre un film d'anthologie en proférant de telles absurdités, sachez que vous n'êtes pas prêt de hurler au scandale.
En tant que Lieutenant Helen Ripley, vous n'allez pas tenter de vous échapper et survivre à une créature hideuse, mais bien foncer tête baissée dans un jeu de massacre sans précédent où vous devrez remplir différents objectifs pour parvenir à la fin de chacun des 30 niveaux de jeu. Les objectifs sont généralement de ramasser un objet ou d'appuyer sur un bouton (je sais que techniquement, tous les jeux se résument à ça). Le vrai souci, c'est que c'est flagrant. Alien Trilogy arrive pourtant a m'étonner : j'ai rarement rencontré un jeu où autant de portes étaient fermées par relais électronique, eux même abrités dans des pièces verrouillées. A noter aussi leur fâcheuse tendance à ne s'ouvrir que d'un seul côté. Il est presque impossible de se repérer dans les niveaux même en utilisant la carte que Ripley remplit au fur et a mesure de ses déambulations (et se perdre dans un 8, c'est frustrant, croyez-moi).
Côté monstres, on retrouve la clique habituelle des aliens : le face hunger, le chest burster, toutes les variétés d'aliens et de reines possibles et imaginable. En plus de ces habituelles parasite, nous auront la possibilité (et le devoir) de dessouder de sang froid des gardes de sécurité humains et synthétiques, ce qui va un peu à l'encontre de la logique interne des films. Mais le pire reste à venir : Ripley se retrouve vite avec plus d'oeufs dans le bide qu'un esturgeon durant la période de reproduction sans même sourciller. Une Ripley complètement névrosée donc, qui répète inlassablement les mêmes répliques sur un air maintes fois utilisé par les héros de gros nanars hollywoodiens lors de leur scène de gloire. Pour repeindre les murs, cinq armes à peine sont à votre disposition : le pistolet, le fusil à pompe, le lance-flammes, le pulse rifle et le smart gun. A défaut de fournir de vraies sensations ou d'êtres originales, elles ont le mérite de coller à l'univers du film.
Côté design et graphismes, le jeu s'en tire bien et les décors reflètent une ambiance assez proche des films. Gros regret par contre avec la distance de clipping qui n'a pas été augmentée lors du passage sur PC, la palette de couleur qui puise parfois son inspiration aux sources des adaptateurs graphiques et techniquement, l'affichage des textures fait un peu pitié. Même en mode software, The House of The Dead (pourtant déjà  bien bâclé) s'en sort mieux. De plus le mélange 2D/3D à tendance à donner un sentiment de mal fini.
Les déplacements sont plutôt chaotiques mais ne gâchent pourtant pas la maniabilité. Le vrai défaut venant de l'univers incapable de réagir correctement aux actions du joueur : les ascenseurs sont complètement incontrôlables et s'enclenchent sans trop qu'on sache pourquoi. Ils n'attendent même pas que le joueur soit descendu pour se déplacer à nouveau. Pour peu, on se croirait dans l'Ascenseur (le film de série B qui a eu une suite du même niveau que l'originale). Autre particularité : alors qu'un héros de jeu vidéo standard utilise ses doigts pour enclencher un interrupteur, Ripley utilise son nez. N'essayez pas d'allumer l'éclairage si vous êtes trop loin ou pas perpendiculaire au bouton, ça ne fonctionner pas. C'est pas Pinoccio Ripley.
Si je voulais vraiment descendre le jeu, j'ajouterais que l'adaptation depuis la PlayStation a été faite dans la plus stricte tradition de la fainéantise complaisante puisque aucune option "retour au DOS" n'est proposée dans le menu principal. Mais je n'en suis pas là , je suis juste déçu. Il est impossible de sauvegarder en cours de mission. Il n'est pas possible de reconfigurer ses contrôles en cours de partie.
Mais attendez, ne partez pas. Même si Alien Trilogy est un jeu peu inspiré, au level design sans saveur et qui est un peu à la ramasse techniquement, il dispose d'une ambiance particulière qui fait que finalement, ça ne fonctionne pas si mal. C'est un mélange de claustrophobie et de solitude (sans faire de vanne). Consommé à petites doses, il reste sympathique sans atteindre des sommets d'amusement. Pas mauvais, mais vraiment décevant, le background d'Alien n'est employé qu'à titre anecdotique.